L’internationalisation des universités publiques hongkongaises : entre dynamiques de marché et logiques politiques

October 14, 2018

     Au cours de la cérémonie du 20ème anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la République populaire de Chine (RPC), Xi Jinping, secrétaire du parti communiste chinois (PCC), rappelait à son audience les obstacles auxquels la ville-territoire fait face depuis 1997 : 

 

« Currently some new developments have occurred and new issues emerged regarding [the] application [of the ‘’One country, two systems’’] in Hong Kong. Hong Kong needs to improve its systems to uphold national sovereignty, security and development interests. It needs to enhance education and raise public awareness of the history and culture of the Chinese nation. It is yet to build public consensus on some major political and legal issues. The Hong Kong economy also faces quite a few challenges. Hong Kong’s traditional strengths start to lose the edge while new drivers of growth are yet to emerge »1.
 

De fait, la région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong est un territoire marqué par la peur du déclin. Alors que la ville faisait office de modèle à suivre pour la Chine continentale à la fin des années 1990, le territoire perd en prépondérance économique par rapport au continent2 et cherche de nouveaux secteurs de croissance pour sortir de l’impasse postcoloniale dans laquelle il se trouve (Chiu, Lui, 2009, p. 107 et p. 126).  

 

    C’est dans ce contexte que le chef de l’exécutif de l’époque, Donald Tsang, annonce en 2009 la désignation de six piliers économiques - au rang desquels figure l’enseignement supérieur3 - pour redynamiser le territoire. Sur la base d’un rapport publié par la Task Force on Economic Challenges (2009, p. 1-2)4, il préconise notamment l’accueil d’un nombre plus important d’étudiants étrangers, la création d’institutions privées d’enseignement supérieur, ainsi que la promotion des programmes d’échanges au sein des universités hongkongaises. L’internationalisation de l’enseignement supérieur hongkongais s’inscrit dans le récit (« branding ») que la ville-territoire développe autour de sa marque de « ville-monde d’Asie » (« Asia’s World City ») depuis la fin des années 1990 (Shen, 2010, p. 211)5. 

 

    Paradoxalement, la promotion de la spécificité internationale de Hong Kong se déploie au moment même où l’intégration de la ville à la région du delta de la rivière des Perles6 s’accroît.  La signature en 2004 du CEPA (Closer Economic Partnership Arrangement) a notamment permis d’aller dans ce sens, favorisant les échanges de biens, les échanges de services, l’investissement ainsi que la coopération économique et technique entre les deux régions. On constate par conséquent l’existence d’une tension entre une volonté d’affirmation d’un caractère résolument international et la réalité d’une intégration accrue à la Chine continentale.  L’enseignement supérieur – identifié comme un secteur porteur à Hong Kong – s’inscrit au cœur de cette contradiction. Dès lors, dans quelle mesure l’internationalisation des universités hongkongaises a-t-elle constitué un outil de différentiation pour la région administrative spéciale de Hong Kong ? Autrement dit, les universités hongkongaises ont-elles servi la promotion marketing initiée par le gouvernement hongkongais et visant à transformer Hong Kong en ville-monde d’Asie ou contribuent-elles à intégrer le territoire hongkongais dans un projet national plus grand au sein de la République populaire de Chine ? 

 

    Ces interrogations couvrent trois questions principales : comment s’est opérée la mise en place du processus d’internationalisation des universités hongkongaises ? Quel modèle d’action publique permet le mieux de décrire ces transformations ?  Quelles sont les conséquences de l’internationalisation des universités publiques hongkongaises pour la RAS de Hong Kong ? 

   

   Cet article repose sur le travail mené au sein de trois universités hongkongaises7 lors de deux séjours de terrain8 dans le cadre d’un mémoire de recherche réalisé dans le master de sociologie politique comparée, à l’école doctorale de Sciences Po. Trente-huit entretiens ont été réalisés auprès d’un ensemble d’acteurs de l’enseignement supérieur hongkongais (enseignants, membres de la direction des universités, personnel administratif), d’étudiants non-locaux inscrits à l’université de Hong Kong et de membres des représentations diplomatiques et consulaires9. Cette enquête a été complétée par l’étude des rapports annuels des universités étudiées et de la littérature grise produite par la Commission de l’éducation du Conseil législatif10 de Hong Kong, entre 1997 et 2016. La comparaison des trois institutions choisies nous permet d’identifier les grandes dimensions à l’œuvre dans le processus d’internationalisation de l’enseignement supérieur hongkongais et de répondre aux interrogations évoquées ci-dessus. 

 

I. Définir le phénomène d’internationalisation de l’enseignement supérieur 

 

   Un effort de définition est nécessaire pour comprendre les réalités que recouvre l’internationalisation de l’enseignement supérieur. Les premières définitions du phénomène, élaborées dans les années 1990, présentaient une vision très institutionnelle. Ainsi, S. Arum et J. Van de Water (1992) définissent l’internationalisation de l’enseignement supérieur comme « the multiple activities, programs and services that fall within international studies, international educational exchange and technical cooperation » (Arum, van de Water, 1992, p. 202). Les chercheurs ont rapidement considéré que cette définition s’avérait trop restrictive. Marijk Van der Wende souligne par exemple que cette perspective néglige le rôle des politiques nationales d’internationalisation de l’enseignement supérieur (Van der Wende, 1997, p. 18). C’est pourquoi, Jane Knight propose une définition de travail élargie du phénomène. Elle caractérise l’internationalisation de l’enseignement supérieur comme :

 

« the process of integrating an international, intercultural or global dimension into the purpose, functions or delivery of post-secondary education » (Knight, 2003, p. 2). 

 

   Le terme « processus » est choisi pour marquer le caractère évolutif de l’internationalisation de l’enseignement supérieur. Il ne s’agit pas d’un phénomène statique, d’un statut pouvant être acquis une fois pour toutes, mais bien d’une réalité dynamique, qui peut s’accentuer ou refluer au cours du temps. Par ailleurs, l’utilisation cumulative des adjectifs « international », « interculturel » et « global » permet d’élargir la définition de l’internationalisation et de ne pas placer les frontières au centre du processus. Cet aspect s’avère primordial pour l’étude de la région administrative spéciale de Hong Kong, où l’expression « étudiants non-locaux » a été créée afin d’englober sous un même terme les étudiants étrangers et les étudiants de Chine continentale11. Enfin, l’intérêt que porte Knight aux « objectifs », aux « fonctions » et à « la mise en place » de l’enseignement post-secondaire permet de développer une vision englobante du phénomène et d’observer les dynamiques qui s’y opèrent. 

 

A Hong Kong, l’internationalisation des universités publiques répond de deux logiques concomitantes. La première est la conséquence de la mise en compétition des institutions de l’enseignement supérieur public hongkongais.  L’internationalisation est ainsi devenu un outil de distinction permettant de gagner en réputation institutionnelle et en ressources financières au sein du paysage universitaire hongkongais. La seconde réside dans l’intensification des relations sino-hongkongaises. L’ouverture des universités publiques hongkongaises a ainsi permis d’intensifier l’intégration de la RAS de Hong Kong à la République populaire de Chine, de manière contradictoire à la promotion de Hong Kong en tant que ville-monde d’Asie.  

 

II. La « mise en marché » des universités hongkongaises

 

Deux mécanismes principaux ont joué dans la mise en marché des universités hongkongaises. D’une part, l’instauration d’instruments de mesure de performance académique a permis de hiérarchiser les universités hongkongaises les unes par rapport aux autres. De l’autre, on assiste à la transformation des modes de financement des institutions hongkongaises, passant davantage par le recours à des acteurs privés et par des mécanismes de mise en compétition. La libéralisation de l’enseignement supérieur et l’émergence des classements internationaux ont accentué cette tendance.

 

a. L’émergence de critères de performance nationaux

 

   Dès 2002, le Bureau de l’éducation et la main d’œuvre (Bureau of Education and Manpower) hongkongais émet un certain nombre de recommandations allant dans le sens d’une mise en compétition des universités hongkongaises. Il considère ainsi : « We agree that UGC12 should adjust its funding mechanism to enlarge the differential in funding allocation to reward performance in accordance with role and let the institutions compete on the basis of merit in areas of teaching, research, governance, management and community service » (Education and Manpower Bureau, 2002, p. 3)13. Cette décision s’explique par la volonté du gouvernement hongkongais de limiter une dépense publique historiquement faible à Hong Kong (Wong, Yuen, 2012, p. 251). Le Bureau de l’éducation et de la main d’œuvre explique ainsi dans le même document : « This will achieve maximum impact for limited resources » (Education and Manpower Bureau, 2002, p. 3)14. 

 

   On assiste donc à la constitution progressive d’indicateurs de performance, sur plusieurs niveaux. L’University Grants Commmittee et le Research Grants Council [15], missionnés par le Bureau de l’éducation introduisent tout d’abord des processus d’évaluation externe. Au niveau des activités de recherche des universités, cela se traduit par la mise en place d’un Research Assessment Exercise (RAE), basé sur le modèle britannique, qui a lieu à des intervalles de quatre à six ans depuis 199416. Il permet d’évaluer la qualité de la recherche produite par les universités, ainsi que les performances des chercheurs embauchés. A terme, les chercheurs qui ne sont pas jugés assez « performants » sont priés de quitter leur emploi, comme l’indique l’université chinoise de Hong Kong dans son rapport annuel 1997-1998 : 

 

« During the year two new schemes were introduced to scrutinize the calibre of our staff force. The early retirement scheme provides a mechanism whereby under-performing appointees aged 55 or above are called to retire before the age of 60. The special resignation scheme institutes procedures to identify staff members who over a considerable period of time have not been able to produce results of a high standard in teaching, research / publication, and service. Such appointees will be offered a compensation package if they choose to leave service voluntarily, to be replaced by higher quality academics capable of achieving more » (CUHK, 1998, p. 3) [17]. 

 

Par ailleurs, l’UGC mène à intervalles régulier des Teaching and Learning Quality Reviews - lancés en 1995 (Massy, French, 2001, p. 33) - et des Managements Reviews, afin d’évaluer la qualité de l’enseignement et le niveau de fonctionnement des universités hongkongaises.

 

   Ces transformations ne sont pas sans rappeler la révolution bureaucratique décrite par Patrick Le Galès et Alan Scott dans le cas britannique (2008). Les évolutions du système d’enseignement supérieur hongkongais caractériseraient l’avènement d’une société de marché, au sens de Karl Polanyi (2008, [1957]) [18], et définiraient un cadre institutionnel dans lequel les acteurs seraient amenés à maximiser leurs intérêts (Le Galès, Scott, 2008, p. 308). 

 

b. La mise en place de mécanismes de rationalisation du financement des universités hongkongaises

 

   La mise en place d’indicateurs d’évaluation s’accompagne par ailleurs de mécanismes de rationalisation du financement des universités hongkongaises. D’une part le gouvernement incite les universités à diversifier leurs sources de revenus et à rechercher des fonds auprès de financeurs privés. D’autre part, l’accès à certains financements publics hongkongais est régi de manière croissante par des mécanismes de mise en compétition. 

 

   Ainsi, en matière d’internationalisation, le gouvernement hongkongais a initialement financé la mise en place de programmes internationaux – comme les programmes d’échange – avant de demander aux universités de les financer par elles-mêmes. En parallèle, le gouvernement hongkongais a introduit plusieurs mécanismes favorisant la recherche de fonds privés au sein des universités hongkongaises. En 2003 est créé le premier Matching Grant Scheme, à travers lequel le gouvernement finance les universités pour chaque Hongkong dollar obtenu par financement privé - selon un principe d’égalité (un dollar hongkongais privé rapporte un dollar hongkongais de financement public) et avec un plafond maximal de financement. L’initiative est reproduite à sept reprises depuis et la huitième édition de ce mécanisme sera introduite en 2018-2019 (UGC, 2018)19.

 

   Par ailleurs, certaines subventions publiques attribuées aux universités hongkongaises sont ouvertes à la compétition. C’est déjà le cas des financements alloués par le Research Grants Council (RGC), qui font l’objet d’une forte concurrence entre les universités. En outre, les acteurs de l’enseignement supérieur hongkongais sont conscients que ces mécanismes de compétition peuvent potentiellement s’étendre à d’autres domaines d’activités des universités. L’enquêté T, membre de l’administration de l’université baptiste de Hong Kong, raconte ainsi pourquoi son université s’est forcée20 d’internationaliser le recrutement de ses étudiants : 

 

 - Enquêté T : « There was some sort of a document, that came down from the UGC. They are saying that in a couple of years, if you are not able to get the number like we have given you, the quota is 20%, you can have 20% of your undergraduate population classified as non-local21 hmm (hésite) non-local students, you know including mainland students, you can move it up to 20%. Now some schools are doing a better job than others. You know, schools like Hong Kong U, HKUST22, they are dying for being able to accept more students to go to their university, but what UGC is saying is that, if some universities within the UGC system is not able to move that up to 20%, the number in a couple of years, will eventually be frown into a big pool and other universities if they need that number, they can grab the numbers from that big pool. (…) So there is this external pressure that the UGC is giving us, all institutions, especially the ones who are not able to fill this 20% quota to do better. Now of course, eventually, if we are still not able to meet that 20%, then of course the number will be subsumed, it will be thrown back to the pool and suddenly HKU or UST if they are moving to already to 20% they can actually take these numbers. So yes, competition in that sense, if eventually we are not doing what we are supposed to be doing, then suddenly that number can be taken away. Now when that number is taken away, that means resources (petit rire). »23 

 

Les universités publiques hongkongaises sont donc contraintes d’obtenir des indicateurs d’internationalisation satisfaisants - dans le cas présent en termes de recrutement d’étudiants non-locaux -, sous peine de perdre des ressources financières. Cette mise en concurrence constitue la principale motivation des universités hongkongaises à s’internationaliser.

 

c. La libéralisation du marché de l’enseignement supérieur 

 

   La libéralisation du marché de l’enseignement supérieur - à l’origine de l’essor d’une offre de « services » de l’enseignement supérieur (Knight, 2002, p. 213) – a accentué la mise en concurrence et la hiérarchisation des universités hongkongaises. Elle s’est traduite par l’émergence des classements internationaux dont l’influence est allée de manière croissante au cours des années 2000. Ils contribuent ainsi à légitimer un discours d’excellence au sein des universités hongkongaises et sont devenus un outil de distinction [24]. Or, ces classements internationaux valorisent et récompensent l’internationalisation des universités. Ils prennent tout d’abord en compte dans leur évaluation le nombre d’étudiants et d’enseignants étrangers ainsi que le niveau de collaboration internationale des universités. Dans le classement proposé par le Times Higher Education, par exemple, l’internationalisation vaut pour 7,5% de la note globale de l’université évaluée [25]. Par ailleurs, les autres critères d’évaluation créent des biais favorables aux universités les plus internationalisées et les plus visibles dans le marché de l’enseignement supérieur. La qualité d’enseignement d’une université donnée est basée sur un sondage qui évalue sa réputation académique auprès d’un panel de sondés censés représenter une communauté académique interdisciplinaire et internationale [26]. Ce sondage vaut pour 15% de la note finale qui lui est accordée. La même méthode est utilisée pour évaluer la qualité de la recherche des universités, à hauteur de 18% cette fois-ci de la note finale. Les méthodes d’évaluation sont similaires en ce qui concerne le QS World University Rankings, qui constitue le deuxième grand classement de référence pour les acteurs de l’enseignement supérieur hongkongais. Il repose ainsi pour 40% sur un sondage de réputation académique réalisé auprès d’experts de l’enseignement supérieur [27]. Les universités hongkongaises s’inscrivent de fait dans un cercle vicieux : plus elles sont internationalisées, mieux elles sont classées par les agences de notation. Or, meilleur est leur classement, plus il est facile pour elles de s’internationaliser. 

 

 

III. L’enseignement supérieur hongkongais : un outil de coopération politique 

 

   Pensé comme outil de distinction dans le cadre de la mise en compétition des universités hongkongaises, l’internationalisation de l’enseignement supérieur a aussi constitué un outil de coopération politique à la République populaire de Chine.  

   

a. Les premiers recrutements d’étudiants chinois dans les universités hongkongaises

 

   Les premiers étudiants non-locaux admis par les universités hongkongaises sont des étudiants de Chine continentale, dès les premières années de la rétrocession, en vertu d’accords passés avec les universités chinoises. C’est ainsi, par exemple, que 11 étudiants chinois admis à l’université Tsinghua (à Pékin) font leurs études à l’université baptiste de Hong Kong (HKBU) en 1999 (HKBU, 1999) [28]. Par ailleurs, le gouvernement met en place dès 1998 - avec l’aide d’une fondation privée, la Hong Kong Jockey Club Charities Trust - un fonds de subventions pour les étudiants de Chine continentale, avec pour objectif de recruter 450 étudiants chinois sur trois ans (Education and Manpower Bureau, 2002, p. 4) [29]. Les étudiants suivent une année de mise à niveau en anglais, en cantonais, en communication et en informatique avant d’arriver à Hong Kong. L’ouverture des universités hongkongaises sert donc l’intégration de Hong Kong à la Chine continentale. 

 

b. L’exportation des universités hongkongaises en Chine continentale

 

   C’est dans ce contexte que plusieurs universités hongkongaises ont décidé d’établir des campus en Chine continentale. Ceux-ci fonctionnent de manière autonome, mais bénéficient des accréditations et du « contrôle-qualité » de leurs universités-mères à Hong Kong. L’université baptiste de Hong Kong signe par exemple en mars 2004 un accord avec l’université normale de Pékin pour établir un campus étudiant à Zhuhai (dans la province du Guangdong, à une soixantaine de kilomètre de Hong Kong) sous le nom de United International College (UIC) (HKBU, 2004, p. 36) [30]. Inauguré officiellement en 2008, il accueille près de 4 000 étudiants à son ouverture (HKBU, 2008, p. 6) [31]. De même, l’université chinoise de Hong Kong signe en février 2010 un accord avec le gouvernement municipal de Shenzhen pour construire un campus dans la ville (CUHK, 2010, p. 9) [32]. L’université chinoise de Hong Kong (Shenzhen) reçoit l’approbation du ministère de l’éducation chinois en mars 2014 et admet sa première promotion d’étudiants en licence (« bachelor ») au mois d’août de la même année (CUHK, 2014, p. 6) [33]. 

 

   Cette politique d’exportation des institutions de l’enseignement supérieur hongkongais en Chine continentale suit une logique politique, comme nous le confirme l’enquêté S, professeur à HKBU : « my sense is that it was done out of this desire to serve, well certainly that’s what I have, what the vice-president told me, it was done out of, you know, a genuine desire to serve the motherland » [34] . A cela s’ajoute également une dimension économique, puisque les universités hongkongaises espèrent, ce faisant, accroître leurs ressources financières. C’est notamment l’un des arguments mis en avant par l’université chinoise de Hong Kong pour justifier la création d’un campus à Shenzhen : 

 

« Such a campus would leverage and capitalize on the strengths of Hong Kong and Shenzhen to benefit both cities. It will allow the university to tap into the rich and rapidly expanding resources for education and research on the Mainland and in Shenzhen in particular » (CUHK, 2010, p. 9) [35]. 

 

La création de ces campus n’est pas sans créer un sentiment de défiance auprès de certains professeurs hongkongais, qui craignent que les campus de Chine occidentale ne servent à terme à remplacer les structures hongkongaises [36]. De fait, la ville-monde d’Asie s’inscrit dans un projet politique national chinois. 

 

c. Les universités hongkongaises et les routes de la soie 

 

   Cette logique d’intégration s’est par ailleurs accrue avec l’introduction du projet des routes de la soie (One Belt One Road ou OBOR). Sous l’impulsion du gouvernement hongkongais, les universités hongkongaises se tournent prioritairement vers les pays des routes de la soie pour y recruter des étudiants non-locaux. Elles s’alignent de fait sur la politique étrangère de la République populaire de Chine. Un enquêté membre de la direction de l’administration de l’université chinoise de Hong Kong, l’enquêté J, nous dit ainsi : « Because of the Belt and Road initiative has been so important for China, it has been also important for Hong Kong. So one of the reason why I raise this, obviously, now the effort for recruitment through recruiting international students is on the Belt and Road »37. Des financements ont ainsi été introduits par le gouvernement hongkongais pour financer spécifiquement les étudiants issus des pays visés par le projet OBOR. Dix bourses de financement ont ainsi été créées pour les étudiants indonésiens à partir de l’année 2016-2017, suivant un protocole d’entente (« Memorandum of Understanding ») signé en 2015 entre la région administrative spéciale et le gouvernement indonésien (Education Bureau, 2016, p. 3-4)38. L’initiative est étendue aux étudiants malaisiens et thaïlandais en 2017-201839 - à hauteur de dix financements respectifs -, conformément à l’annonce faite en avril 2016 par le chef de l’exécutif hongkongais d’injecter un milliard de Hong Kong dollars de nouveaux financements pour étendre le mécanisme (Education Bureau, 2016, p. 4)40. 

 

   L’alignement des objectifs poursuivis par la RAS de Hong Kong et par la République populaire de Chine contribue à l’intégration de Hong Kong dans un projet national chinois. 

 

IV. Ce que l’internationalisation de l’enseignement supérieur fait à la RAS de Hong Kong 

 

   Il convient pour finir de s’intéresser à la portée transformative de l’internationalisation des universités hongkongaises pour la région administrative spéciale d Hong Kong. De fait, l’internationalisation fait peser le risque d’une privatisation de l’enseignement supérieur à Hong Kong. Elle entretient par ailleurs la frustration sociale d’une partie de la jeunesse hongkongaise, bloquée dans ses perspectives d’ascension sociale alors que les universités hongkongaises accueillent un nombre conséquent d’étudiants non-locaux. 

   

a. La privatisation du secteur de l’enseignement supérieur hongkongais 

 

L’internationalisation des universités hongkongaises participe au mouvement de privatisation de l’enseignement supérieur que l’on observe au sein du système hongkongais.  

 

Elle permet notamment de compenser en partie le déclin de l’Etat dans le financement des universités publiques hongkongaises. Ainsi, le recrutement d’étudiants non-locaux est générateur de revenus pour les universités hongkongaises, qui gagnent en flexibilité financière. On assiste donc à la marchandisation de certains programmes, de manière similaire à ce qui se pratique dans les pays anglo-saxons. L’enquêté S, qui travaille à l’université baptiste de Hong Kong, compare Hong Kong avec les précédents systèmes universitaires qu’il a connus : 

 

« There are, those same dynamics, in the UK and in Australia, one of, just to get back to internationalization, one of the things about what’s done, is to put pressure on universities to open courses to make money, and, for many universities that means charging international students beyond, you know, the local rate and making money out of them. Sometimes that means (…), not integrating them in the classroom properly, you know, they are treated as customers which are paying, well paying customers, first-class customers. »41

 

   La commercialisation des programmes des universités publiques n’est pas sans éveiller l’inquiétude dans le secteur de l’enseignement supérieur hongkongais. L’enquêté I, professeur à l’université chinoise de Hong Kong, décrit par exemple les dérives qu’il a eu l’occasion de constater dans les programmes privés de certaines universités hongkongaises :

 

« Taught programmes, the self-financing model42, have to really work like a business, and we don’t run it to make money but we got to keep it out of the red (…). I won’t name any names, but you can find programmes that don’t have tenure track faculty, that are put in charge young faculty members at an instructive level, several hundred students a year, distributing class as all around the university, no policy control whatsoever, nobody who could even pay attention to some of the fundamentals, like language, and writing, all the simple stuff »43. 

 

Cette inquiétude s’explique en partie par les échecs précédents observés lors de la démocratisation de l’enseignement post-secondaire hongkongais (Lee, 2016, p. 25). Le gouvernement avait en effet souhaité développer au début des années 2000 l’offre privée de diplômes professionnalisants du type « Associate Degree » ou « Higher Diploma » pour permettre à une plus grande part d’une génération de Hongkongais de poursuivre ses études après le secondaire44. De nombreuses institutions privées ont émergé en conséquence, soulevant un certain nombre d’interrogations auprès de l’administration hongkongaise sur les modalités d’encadrement de ces formations. Il en résultait en effet des diplômes souvent onéreux, de qualité aléatoire et imposant un poids financier important sur les élèves et leurs familles.

 

b. Une tension entre la recherche de visibilité internationale et la mission de formation locale des universités hongkongaises

 

   De fait, le caractère limité de l’offre d’enseignement supérieur accessible au sein de la RAS de Hong Kong exacerbe les tensions générées par l’accueil d’étudiants non-locaux sur le territoire. Le gouvernement hongkongais plafonne le nombre d’étudiants non-locaux pouvant être accueillis au sein des programmes publics des universités hongkongaises45. Malgré cette mesure, l’accueil d’étudiants internationaux n’est pas sans créer des incompréhensions auprès de la communauté locale hongkongaise. L’enquêté T, qui travaille dans l’administration de l’université baptiste de Hong Kong, raconte cette anecdote à propos de sa fille :  

 

« You know, even today, we are talking about students who have met the minimum qualifications to enter university and yet these kids are not given the opportunity. I mean there is nothing wrong with these kids, for example, I have to tell you that my own daughter, hmm, a few years back she could not get into a university in Hong Kong, she passed the DSI46 but not with flying colours, she still was not good enough to enter one of the programmes at the university. She went to the United States and did well enough in her first two years in community college to earn herself a place a UC Berkeley, she just graduated from UC Berkeley.  So that’s a primer example of these students who have met the minimum qualification and yet these students I think, are wasted. You know, I mean, I could imagine if my daughter does not have the same resources like we have in our family, she would not have had a chance to go abroad to experience what she had. And forever, she will feel like she is inferior to these kids who are able to earn places at the university »47.   

 

   Cette frustration s’est notamment cristallisée autour de la population d’étudiants originaires de Chine continentale à Hong Kong, dont certains hongkongais estiment qu’ils sont trop nombreux à venir étudier dans les universités hongkongaises. Comme l’indique - non sans une certaine gêne - l’enquêté Y, originaire de Chine continentale et travaillant dans l’administration de l’université baptiste de Hong Kong : « Hong Kong students, locals are kind of against too many mainland students here, you know, yeah (regardant le carnet sur lequel j’écris). But I don’t think that ‘s proper for you to write down (rire) »48. A cet égard, Bahohua Yu et Kun Zhang (2017) montrent comment les étudiants de Chine continentale vivent ce ressentiment.  De fait, ils perçoivent une forme de discrimination à leur encontre, qui se traduit sur les réseaux sociaux et dans leur vie quotidienne, notamment lorsqu’ils utilisent le mandarin pour communiquer (Yu, Zhang, 2017, p. 308). 

 

   Ces descriptions sont intéressantes à mettre en parallèle avec le développement récent de mouvements « localistes » à Hong Kong (Kaeding, 2017 ; Kwong, 2017), dont le principe peut être résumé par le slogan « forget China, put Hong Kong first » formulé par Chin Wan-kan dans un ouvrage de 2011, Hong Kong as a City-state. Elles caractérisent la radicalisation d’une partie des mouvements démocrates hongkongais, qui avaient toujours considéré Hong Kong comme partie prenante d’une Chine « culturelle, ethnique et historique » (Kwong, 2017, p. 68), alors que les mouvements localistes n’entendent servir que les Hongkongais et leurs intérêts. Les rares études menées sur le sujet (Kwong, 2017 ; Kaeding 2017) montrent que ces mouvements sont composés et soutenus par la jeune génération hongkongaise. On peut dès lors supposer que l’internationalisation des universités hongkongaises contribue à cette tendance. Elle fait apparaître comme injuste l’âpre sélection des étudiants hongkongais au sein des universités – dont nous avons indiqué qu’elles n’accueillaient que 18% d’une génération – au regard de l’admission conséquente d’étudiants non-locaux, alors que les conditions d’ascension sociale des jeunes hongkongais sont particulièrement difficiles. Siu-yau Lee indique à ce titre que le développement de l’enseignement post-secondaire par les programmes professionnalisants (« sub-degree ») et par le secteur privé au cours des années 2000 n’a pas permis de créer davantage de mobilité sociale pour la jeune génération hongkongaise (Lee, 2016, p. 25). L’accès aux universités publiques constitue donc encore l’un des rares outils d’ascension sociale à Hong Kong.  

 

    L’internationalisation de l’enseignement constitue un prisme pertinent d’étude de la région administrative spéciale de Hong Kong. Il nous permet d’opérationnaliser les concepts issus d’un champ encore naissant des sciences sociales, tout en illustrant la trajectoire politique de la ville-territoire. Il apparaît que loin d’être un processus dirigiste imposé de manière verticale, l’internationalisation des universités publiques hongkongaises a d’abord eu lieu via la mise en compétition des structures universitaires, par le biais d’instruments de politiques publiques. Dans ce contexte, l’internationalisation est devenue pour les universités un outil de distinction sur le marché de l’enseignement supérieur. Ce n’est que dans un second temps que le gouvernement hongkongais s’est appuyé sur la dimension internationale de ses universités pour faire la promotion de la RAS de Hong Kong en tant que ville-monde d’Asie. De fait, l’internationalisation des universités hongkongaises ne constitue pas un outil de résistance à la Chine continentale. Au contraire, elle joue à plein dans l’intégration de Hong Kong au delta de la rivière des Perles, facilitant les flux humains entre les deux régions. Ces logiques de mise en visibilité et d’intégration à la Chine continentale ne sont pas forcément contradictoires : elles se déploient sur des niveaux différents. La première s’inscrit dans la concurrence internationale que se livrent les économies développées pour attirer des travailleurs hautement qualifiés (OCDE, 2008)49. La seconde est davantage politique, avec pour objectif d’ancrer la région administrative spéciale de Hong Kong dans la République populaire de Chine. 

 

   En 2047, la loi fondamentale (Basic Law) qui garantit le statut de la région administrative spéciale de Hong Kong arrivera à son terme. L’expiration du modèle « un pays, deux systèmes » (« ???? »), négocié dans la déclaration sino-britannique de 1984, n’est pas sans générer des incertitudes, alors que les craintes d’une perte d’autonomie de Hong Kong sont déjà fortes au sein d’une partie de la population. Dans un film récent (2015), Ten Years (??), cinq réalisateurs hongkongais offrent une vision très noire de ce que deviendrait la ville de Hong Kong en 2025. Ce film d’anticipation dépeint à travers cinq court-métrages un territoire sous l’emprise de lois sécuritaires, dans lequel les Hongkongais ne parlant pas le mandarin sont renvoyés de leur emploi et où des activistes s’immolent par le feu devant le consulat britannique pour dénoncer la répression politique. Si ces récits relèvent de la fiction, ils traduisent bien la représentation qu’a la jeunesse hongkongaise de son futur.

 

   Face à ces évolutions, la région administrative spéciale de Hong Kong doit, plus que jamais, faire l’objet d’une attention particulière de la part des sciences sociales. Elle constitue à la fois un terrain fécond en progrès scientifiques potentiels et un territoire en proie à des changements rapides. Nous avons tenté - à notre échelle - de contribuer à élaborer une connaissance de Hong Kong, en espérant que ce travail puisse ouvrir la voie à d’autres étudiants et qu’il éclaire à sa façon la trajectoire d’une ville soumise aux doutes d’un avenir incertain. 

 

 

Bibliographie

 

* Ouvrages académiques

- CHENG, Yin Cheong, CHEUNG, Alan Chi Keung, NG, Shun Wing (eds) (2016), Internationalization of Higher Education : The Case of Hong Kong, Springer, New York.

- CHIU, Stephen W.-K., LUI Tai-lok (2009), Hong Kong : Becoming a Chinese Global City, Routledge, Londres.

- CUNICH, Peter (2012), A History of the University of Hong Kong : Volume 1, 1911-1945, Hong Kong University Press, Hong Kong. 

- DE WIT, Hans (2002), Internationalization of higher education in the United States of America and Europe : A historical, comparative and conceptual analysis, Greenwood, Westport. 

- LASCOUMES Pierre, LE GALES, Patrick (2012), Sociologie de l’action publique, Armand Colin, Paris.

- MOK, Ka Ho (2013), The Quest for Entrepreneurial Universities in East Asia, Palgrave Macmillian, Basingstoke. 

- MUSSELIN, Christine (2017), La grande course des universités, Presses de Sciences Po, Paris.

- HAWKINS, John, NEUBAUER, Dean, SHIN, Jung Cheol (eds) (2013), The Dynamics of Higher Education Development in East Asia : Asian Cultural Heritage, Western Dominance, Economic Development and Globalization, Palgrave MacMillan, Basingstoke.  

- NGO, Tak-Wing (ed), (1999), Hong Kong’s history : State and Society under Colonial’s Rule, Routledge, Londres. 

- WAI-MAN, Lam, LUI, Percy Lui-tim, WONG, Wilson (2012), Contemporary Hong Kong Government and Politics, Hong Kong University Press, Hong Kong.

 

 

* Chapitre d’ouvrages 

- ARUM, S., VAN DE WATER, J. (1992). « The need for a definition of international education in U.S. universities », p. 191-203, in KLASEK, Charles B. (ed.), Bridges to the futures : Strategies for internationalizing higher education, Association of International Education Administrators, Carbondale. 

- LASCOUMES, Pierre, LE GALES, Patrick (2005), « Introduction : L'action publique saisie par ses instruments », p. 11-44 in LASCOUMES Pierre et al. (2005), Gouverner par les instruments, Presses de Sciences Po, Paris.

- LUI Percy Luen-tim (2012), « The Legislature », p. 45-66, in WAI-MAN, Lam, LUI, Percy Lui-tim, WONG, Wilson (2012), Contemporary Hong Kong Government and Politics, Hong Kong University Press, Hong Kong.

- POLANYI, Karl, (2008), « L’économie en tant que procès institutionnalisé », in CANGIANI, Michèle, MAUCOURANT, Jérôme (eds), Essais de Karl Polanyi, p. 53-77, éditions du Seuil, Paris. Version originale : POLANYI, Karl (1957), « The Economy as Instituted Process », p. 243-270, in POLANYI, Karl, ARENSBERG, Conrad M., PEARSON, Harry W. (1957) (eds), Trade and Market in the Early Empires : Economies in History and Theory, Free Press, Glencoe.   

- VAN DER WENDE, Marijk (1997), « Missing links : The relationship between national policies for internationalisation and those for higher education in general », p. 10-31, in KALVERMARK, Törsten, VAN DER WENDE, Marijk (eds) (1997), National policies for the internationalisation of higher education in Europe, National Agency for Higher Education, Stockholm. 

- WONG, Wilson, YUEN, Raymond (2012), « Economic Policy », p. 251-276 in WAI-MAN, Lam, LUI, Percy Lui-tim, WONG, Wilson (2012), Contemporary Hong Kong Government and Politics, Hong Kong University Press, Hong Kong.

 

* Articles académiques 

- AUST, Jérôme (2010), « Quand l’université s’ancre au territoire », Le Mouvement Social, n°223, vol. 4, p. 107-125, disponible via : https://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2010-4-page-107.html (dernier accès le 20 avril 2018).

- DEWEY, Patricia, DUFF, Stephen (2009), « Reason Before Passion : Faculty Views on Internationalization in Higher Education, » Higher Education, vol. 48, n° 4, p. 491-504. 

- KAEDING, Malte Philipp (2017), « The Rise of ‘‘Localism’’ in Hong Kong », Journal of Democracy, vol. 28, n°1, p. 157-171. 

- KNIGHT, Jane (2002), « Trade Talk : An Analysis of the Impact of Trade Liberalization and the General Agreement on Trade in Services on Higher Education », Journal of Studies in the International Education, vol. 6, n°3, p. 202-229. 

- KNIGHT, Jane (2003), « Updated internationalization definition », International Higher Education, vol. 33, p. 2-3.

- KNIGHT, Jane (2004), « Internationaliaztion Remodeled : Definition, Approaches and Rationales », Journal of Studies and International Education, vol. 8, n°1, p. 5-31. 

- KNIGHT, Jane (2011), « Educations Hubs : a Fad, a Brand, an Innovation ? », Journal of Studies in International Education, vol. 15, n°3, p. 221-240.

- KWONG, Ying-ho (2016), « The Growth of ‘’Localism’’ in Hong Kong : A new Path for the Democracy Movement ? », China perspectives, n°2016/3, p. 63-68. 

- LAI, Ada, MACLEAN, Rupert (2011), « Managing human capital in world cities : The development of Hong Kong into an education hub », Asia Pacific Journal of Education, vol. 31, n°3, p. 249–262. 

- LEE, Siu-yau (2016), « Massification without equalisation : the politics of higher education, graduate employment and social mobility in Hong Kong », Journal of Education and Work, vol. 29, n°1, p. 13-31. 

- LE GALES, Patrick, SCOTT Alan J. (2008), « Une révolution bureaucratique britannique ? Autonomie sans contrôle ou « freer markets, more rules » », Revue française de sociologie, 2008, vol. 49, n°2, p. 301-330. 

- MASSY, William F., FRENCH, Nigel J. (2001), « Teaching and Learning Quality Process Review : What the programme has achieved in Hong Kong », Quality in Higher Education, vol. 7, n°1, p. 33-45. 

- MAUROUCANT, Jérôme, PLOCINICZAK, Sébastien (2011), « Penser l’institution et le marché avec Karl Polanyi », Revue de la régulation, disponible via : http://journals.openedition.org/regulation/9439#quotation (dernier accès le 6 avril 2018).

- MUSSELIN, Christine (2005), « Sociologie de l’action organisée et analyse des politiques publiques : deux approches pour un même objet ? », Revue française de science politique, vol. 55, n°1, p. 51-71.

- POSTIGLIONE, Gerard, A. (1998), « Maintaining global engagement in the face of national integration in Hong Kong », Comparative Education Review, vol. 42, n°1, p. 30-44. 

- SHEN, Simon (2010), « Re-branding without re-developing : constraints of Hong Kong’s Asia World City’s brand (1997-2007 », The Pacific Review, vol. 23, n°2, p. 203-224.

- NG, Shung Wing (2012), « The Challenges of Attracting Asian Students to Study Higher Education in Hong Kong », Higher Education Quarterly, vol. 66, n°3, p. 272-292. 

- YU, Baohua, ZHANG, Kun (2016), « "It’s more foreign than a foreign country’’ : adaptation and experience of mainland Chinese students in Hong Kong », Tertiary Education and Management, vol. 22, n°4, p. 300-315. 

 

* Rapports 

- KMPG (2017), The Greater Bay Area Initiative, septembre 2017, disponible via : https://www.chamber.org.hk/FileUpload/201710040918418786/The-greater-bay-area-initiative_EN.pdf (dernier accès le 13 mai 2018).

- OCDE (2008), Attirer les talents : Les travailleurs hautement qualifiés au cœur de la concurrence internationale, OCDE Publishing, disponible via : http://www.oecd.org/fr/sti/inno/attirerlestalentslestravailleurshautementqualifiesaucurdelaconcurrenceinternationale.htm (dernier accès le 23 avril 2018).

 

* Articles de journaux 

- BLAND, Ben, PONG, Jane (2017), « Hong Kong since the handover in charts », Financial Times, 28 juin 2017, disponible via : https://www.ft.com/content/7e2422b8-5bb1-11e7-9bc8-8055f264aa8b (dernier accès le 6 avril 2018)

- ZHAO, Shirley (2016), « Hong Kong Universities urged to look beyond Mainland to boost paltry foreign student number », South China Morning Post, 23 novembre 2016, disponible via : http://www.scmp.com/news/hong-kong/education-community/article/2048738/hong-kongs-universities-urged-attract-more (dernier accès le 15 avril 2018). 

 

1 « Full text of President Xi’s speech on ‘one country, two systems’ and how China rules Hong Kong », South China Morning Post, 1er juillet 2017, disponible via : http://www.scmp.com/news/hong-kong/politics/article/2100856/full-text-president-xi-jinpings-speech-one-country-two (dernier accès le 30 octobre 2017).

2 La part de la RAS de Hong Kong dans l’économie chinoise a chuté de 18,4 % à 2,8% entre 1997 et 2015. BLAND, Ben, PONG, Jane (2017), « Hong Kong since the handover in charts », Financial Times, juin 2017, disponible via : https://www.ft.com/content/7e2422b8-5bb1-11e7-9bc8-8055f264aa8b (dernier accès le 6 avril 2018). 

3 « Summary of the Focus Group Discussions on the Six Economic Areas », Task Force on Economic Challenges, juin 2009, disponible via : http://www.fso.gov.hk/tfec/eng/doc/Summary%20focus%20groups%20_TFEC-INFO-12_%20_Eng_.pdf (dernier accès le lundi 30 octobre 2017).  

4 « Summary of the Focus Group Discussions on the Six Economic Areas », Task Force on Economic Challenges, juin 2009, disponible via : http://www.fso.gov.hk/tfec/eng/doc/Summary%20focus%20groups%20_TFEC-INFO-12_%20_Eng_.pdf (dernier accès le dimanche 15 avril 2018). 

5 Les premières traces du concept d’ « Asia World City » remontent à la prise de fonction du chef de l’exécutif de Hong Kong, Tung Chee-hwa, en 1997 mais la mise en place de la stratégie de communication qui lui est associée ne commence qu’au début des années 2000 (Shen, 2010, p. 212-213). 

6 Le delta de la rivière des Perles désigne la région du Guangdong qui entoure les villes de Canton, Shenzhen et Hong Kong. Il s’agit, avec la région de Shanghai, de l’un des poumons économiques de la République populaire de Chine. C’est dans cette région qu’ont été introduites les premières zones économiques spéciales chinoises suite aux réformes de 1978. Le delta de la rivière des Perles représentait en 2017 12% de l’économie nationale chinoise, pour 5% de sa population (KPMG, 2017, p. 2). Pour plus d’informations, voir notamment le rapport écrit sur les opportunités de développement de la zone par le cabinet de conseil KPMG pour la Chambre de commerce générale de Hong Kong (HKGCC) : KMPG (2017), The Greater Bay Area Initiative, septembre 2017, disponible via : https://www.chamber.org.hk/FileUpload/201710040918418786/The-greater-bay-area-initiative_EN.pdf (dernier accès le 13 mai 2018). 

7 L’université baptiste de Hong Kong (HKBU), l’université chinoise de Hong Kong (CUHK) et l’université de Hong Kong (HKU).

8 D’une durée totale de 10 semaines : 4 semaines au mois de juin 2017 puis six semaines aux mois de janvier et février 2018. 

9 Les noms des enquêtés ont été anonymisés pour des raisons de confidentialité. La liste des entretiens réalisée est disponible sur demande. 

10 Le Conseil législatif constitue le pouvoir législatif du régime politique hongkongais. Il est élu tous les quatre ans. La moitié de ses sièges sont pourvus au suffrage universel direct, selon un mode de scrutin proportionnel plurinominal. L’autre moitié est élue par des fédérations professionnelles, issues des principaux secteurs de l’économie hongkongaise. Dans les faits, le rôle législatif du Conseil législatif est restreint – une majorité de lois étant d’initiative gouvernementale (Lui, 2012, p. 54) - mais il exerce néanmoins une fonction importante de contrôle des dépenses et de surveillance de l’action du gouvernement (Lui, 2012, p. 56 – p. 57). 

11 A Hong Kong, le terme « Chine continentale » (« mainland China ») désigne la Chine intérieure sous administration de la République de Chine, excluant donc les régions administratives spéciales de Macau et de Hong Kong, ainsi que la République de Chine (Taiwan). 

Nous considérons ici que l’internationalisation des universités hongkongaises recouvre à la fois l’ouverture aux pays étrangers et à la Chine continentale. Malgré le rattachement de Hong Kong à la République populaire de le Chine, le principe « un pays, deux systèmes » (« ???? ») - inscrit dans la déclaration sino-britannique de 1984 – garantit l’autonomie de Hong Kong en dehors des affaires étrangères et de la défense. Si les relations entre Hong Kong et la Chine continentale ne relèvent pas de l’international - au sens où la frontière sino-hongkongaise n’est pas une frontière internationale -, elles s’inscrivent a minima sous le terme « interculturel » évoqué par Jane Knight (2004).

12 L’UGC, ou University Grants Committee est l’organe de financement des universités hongkongaises. Il fait le lien entre le gouvernement hongkongais et les universités publiques. 

13 « Legislative Council Brief : Higher Education Review and Rolling Over the 2001/2002 to 2003/2004 Triennum to the 2004/2005 Academic Year » (EMB CR 3/21/2041/89), Education and Manpower Bureau, novembre 2002, p. 3, disponible via : http://www.legco.gov.hk/yr02-03/english/panels/ed/papers/embcr3_21_2041_89_e.pdf (dernier accès le 4 mai 2018). 

14 Ibid. p. 3. 

15 Le Research Grants Council, placé sous la tutelle de l’UGC, est l’organe public de financement de la recherche académique à Hong Kong. 

16 « Research Assessment Exercise 1996 – Guidance Notes », UGC Secretariat, avril 1996, disponible via : http://www.ugc.edu.hk/eng/ugc/activity/research/rae/rae96gn.html (dernier accès le 25 avril 2018). 

17The Chinese University of Hong Kong Annual Report 1997-1998, The Chinese University of Hong Kong, 1998, disponible via : https://www.iso.cuhk.edu.hk/images/publication/annual-report/1997-1998/pdf/1997-1998.pdf (dernier accès le 18 avril 2018). 

18  Selon Polanyi, « l’institutionnalisation du procès économique confère à celui-ci unité et stabilité ; elle crée une structure ayant une fonction déterminée dans la société » ([1957], 2008, p. 59). Pour une analyse de la pensée de Karl Polanyi sur la relation entre les institutions et le marché, voir l’article de Jérôme Mauroucant et de Sébastien Plociniczak dans la Revue de la régulation : MAUROUCANT, Jérôme, PLOCINICZAK, Sébastien (2011), « Penser l’institution et le marché avec Karl Polanyi », Revue de la régulation, disponible via : http://journals.openedition.org/regulation/9439#quotation (dernier accès le 6 avril 2018).

19 « UGC welcomes Budget proposal for Eighth Matching Grants Scheme », University Grants Committee, disponible via : http://www.ugc.edu.hk/eng/ugc/about/press_speech_other/press/2018/pr28022018.html (dernier accès le 6 avril 2018)

20 On constate que l’internationalisation n’a pas été appréhendée avec la même temporalité pour toutes les universités. A l’université baptiste de Hong Kong, c’est plus tardivement et par crainte de voir les autres universités faire mieux dans le secteur de l’enseignement supérieur, qu’ont été introduits plusieurs mécanismes d’internationalisation. 

21 Les étudiants « non-locaux » désignent les étudiants qui ne disposent pas d’un permis de résidence permanente à Hong Kong. Il peut s’agir d’étudiants de Chine continentale ou d’étudiants étrangers. L’adjectif « non-local » a été inventé spécifiquement à Hong Kong, car les Chinois du continent ne peuvent être décrits comme des étudiants internationaux. 

22 « Hong Kong U » désigne l’université de Hong Kong, HKUST l’’université des sciences et technologie de Hong Kong (Hong Kong University of Science and Technology). 

23 Entretien avec l’enquêté T, 20 juin 2018, université baptiste de Hong Kong, Kowloon Tong, RAS de Hong Kong.

24 Pour une lecture critique des classements internationaux, voir notamment : DALSHEIMER, Nadine, DESPREAUX, Denis (2008), « Analyse des classements internationaux des établissements d’enseignement supérieur », Education et formations, n°78, novembre 2008, disponible via : http://cache.media.education.gouv.fr/file/revue_78/56/5/12_38565.pdf (dernier accès le 18 avril 2018). 

25« World University Rankings 2018 methodology », Times Higher Education, août 2017, disponible via : https://www.timeshighereducation.com/world-university-rankings/methodology-world-university-rankings-2018 (dernier accès le 18 avril 2018). 

26 « The most recent Academic Reputation Survey (run annually) that underpins this category was carried out in January to March 2017, attracting 10,568 responses. It examined the perceived prestige of institutions in teaching. The responses were statistically representative of the global academy’s geographical and subject mix. The 2017 data are combined with the results of the 2016 survey, giving more than 20,000 responses ». Source : Ibid.. 

27 « The highest weighting of any metric is allotted to an institution’s Academic Reputation score. Based on our Academic Survey, it collates the expert opinions of over 70,000 individuals in the higher education space regarding teaching and research quality at the world’s universities. » Source : « Methodology », QS World University Rankings, disponible via : https://www.topuniversities.com/qs-world-university-rankings/methodology (dernier accès le 18 avril 2018). 

28 Annual Report 1998-1999, Hong Kong Baptist University, 1999, HKBU Library : Special Collections and Archives.

29 « Legislative Council Panel on Education : Supporting the Student Exchange Programmes and Scholarship Scheme for Mainland Students of University Grants Committee-Funded Institutions » (LC Paper No. CB(2)1195/01-02(04)), Education and Manpower Bureau, février 2002, disponible via : http://www.legco.gov.hk/yr01-02/english/panels/ed/papers/ed0301cb2-1195-4e.pdf (dernier accès le 25 avril 2018). 

30 Annual Report 2003-2004, Hong Kong Baptist University, 2004, disponible via : http://cpro.hkbu.edu.hk/publications/annual-report/show/176 (dernier accès le 15 mai 2018).

31 Annual Report 2007-2008, Hong Kong Baptist University, 2008, disponible via : http://cpro.hkbu.edu.hk/publications/annual-report/show/172 (dernier accès le 15 mai 2018). 

32 CUHK Annual Report 2009-2010, The Chinese University of Hong Kong, 2010, disponible via : https://www.iso.cuhk.edu.hk/english/publications/annual-report/index.aspx?issueid=2 (dernier accès le 15 mai 2018).

33 CUHK Annual Report 2013-2014, The Chinese University of Hong Kong, 2014, disponible via : https://www.iso.cuhk.edu.hk/english/publications/annual-report/index.aspx?issueid=1467 (dernier accès le 25 avril 2018). 

34 Entretien avec l’enquêté S, 13 février 2018, université baptiste de Hong Kong, Kowloon Tong, RAS de Hong Kong. 

35 The Chinese University of Hong Kong Annual Report 2009-2010, The Chinese University of Hong Kong, 2010, disponible via https://www.iso.cuhk.edu.hk/english/publications/annual-report/index.aspx?issueid=2 (dernier accès le 18 avril 2018). 

36 Entretien avec l’enquêté AA, professeur à l’université chinoise de Hong Kong (Shenzhen), 12 février 2018, réalisé par Skype depuis le centre d’études français sur la Chine (CEFC), Wan Chai, Île de Hong Kong, RAS de Hong Kong. 

37 Entretien réalisé avec l’enquêté J, 25 mai 2017, université chinoise de Hong Kong, Sha Tin, RAS de Hong Kong. 

38 « Legislative Council Panel on Education : Proposed Injection into the HKSAR Governement Scholarship Fund to Support ‘Belt and Road’ Scholarship Scheme » (LC Paper No. CB(4)1090/15-16(03)), Education Bureau, juin 2016, p. 3-4, disponible via : https://www.legco.gov.hk/yr15-16/english/panels/ed/papers/ed20160613cb4-1090-3-e.pdf (dernier accès le 25 avril 2018). 

39 « EDB launches Hong Kong Scholarship for ‘Belt and Road’ Students », Press Releases, Governement of the Hong Kong Special Administrative Region, février 2017, disponible via : http://www.info.gov.hk/gia/general/201702/20/P2017022000530.htm (dernier accès le 25 avril 2018).  

40 « Legislative Council Panel on Education : Proposed Injection into the HKSAR Governement Scholarship Fund to Support ‘Belt and Road’ Scholarship Scheme » (LC Paper No. CB(4)1090/15-16(03)), Education Bureau, juin 2016, disponible via : https://www.legco.gov.hk/yr15-16/english/panels/ed/papers/ed20160613cb4-1090-3-e.pdf (dernier accès le 25 avril 2018).

41 Entretien avec l’enquêté S, 13 février 2018, université baptiste de Hong Kong, Kowloon Tong, RAS de Hong Kong. 

42 Les programmes universitaires hongkongais se distinguent entre les programmes publics financés par le gouvernement hongkongais - pour lesquels des quotas maximum d’étudiants non-locaux sont imposés -, et des programmes privés (« self-financed ») dans lesquels les universités sont libres de recruter leurs étudiants comme elles le souhaitent. 

43 Entretien avec l’enquêté I, 9 février 2018, université de Hong Kong, Île de Hong Kong, RAS de Hong Kong. 

44 Ibid., p. 1-2. 

45 Le quota d’étudiants non-locaux admissibles au sein des programmes financés publiquement par le gouvernement hongkongais est passé de 2 à 4% en 1997-1998, à 10% en 2004-2005, à 20% en 2007-2008 et plus récemment, en 2017-2018, à 25%.

46 Diploma of Secondary Education. Il s’agit du diplôme hongkongais de l’enseignement secondaire. 

47 Entretien avec l’enquêté T, 20 juin 2017, université baptiste de Hong Kong, Kowloon Tong, RAS de Hong Kong. 

48 Entretien avec l’enquêté Y, 22 janvier 2018, université baptiste de Hong Kong, Kowloon Tong, RAS de Hong Kong. 

49 OCDE (2008), Attirer les talents : Les travailleurs hautement qualifiés au cœur de la concurrence internationale, OCDE Publishing, via : http://www.oecd.org/fr/sti/inno/attirerlestalentslestravailleurshautementqualifiesaucurdelaconcurrenceinternationale.htm (dernier accès le 23 avril 2018). 

 

Facebook
Twitter
Linkedin
Please reload

Vous aimerez aussi...
Please reload

  • Blanc LinkedIn Icône
  • Blanc Twitter Icon
  • Blanc Facebook Icône

La Revue d'affaires publiques 2019 ©. 

27, rue Saint Guillaume - 75337 Paris Cedex 07
Tél : +33 (0)1 45 49 50 50

Par courriel